Film documentaire 1922 : Nanouk l’Esquimau

Nanouk l’Esquimau (Nanook of the North) est un film franco-américain réalisé par Robert Flaherty, sorti en 1922. Ce film est l’un des premiers films documentaires de long métrage.

(Nanouk, qui signifie « ours » en inuktitut, était interprété par un chasseur inuit appelé Allarialla).

Le film montre le mode de vie d’une famille Inuit de la région de Port Harrison sur la côte est de la baie d’Hudson au Canada : méthodes de navigation, de chasse et de pêche, fabrication d’un iglou…. Il montre aussi la visite du poste de traite : dépôt de fourrures, découverte du gramophone….

Le cinéaste montre la vie nomade de Nanouk à la recherche de nourriture. Durant l’été, il pêche le saumon et le morse sur le fleuve. L’hiver, la famine guette et il est impératif de trouver de quoi se nourrir. L’igloo sert de protection à toute la famille durant la nuit, des vêtements de fourrure protègent contre le froid polaire. Lorsque le jour se lève, la quête reprend et la vie continue.

Démarche :
Son épouse rapporte les sentiments de son mari au sujet de ce film, lors d’un entretien effectué en 1957 par le cinéaste Robert Gardner, qui a réalisé une série de programmes sur la légende « Flaherty ». « J’ai vécu avec ces gens, disait-il, j’étais l’un d’eux, pendant 6 ans, j’ai partagé les dangers de la recherche quotidienne de la nourriture. Aucun peuple au monde n’est plus démuni qu’eux. Aucune autre race ne survivrait dans ces contrées, et pourtant ils étaient joyeux. Les gens les plus joyeux que j’ai jamais rencontrés. Ma seule raison de faire ce film était ma profonde admiration pour ce peuple. » Frances confie également sa théorie sur le retentissement que ce film a eu à travers le monde lors de sa sortie et l’annonce de la mort de Nanouk deux ans après la sortie du film. « Je pense que lorsque qu’ils nous sourient sur l’écran, nous sommes totalement désarmés et nous leur rendons leur sourire. Ils sont eux-mêmes et nous devenons nous-mêmes en retour. Tout ce qui pourrait nous séparer d’eux n’existe plus. Malgré nos différences, et peut-être grâce à elles, nous ne faisons plus qu’un avec eux. Et ce sentiment d’identité commune s’ancre en nous, pour se transformer en expérience profondément libératrice lorsque nous réalisons qu’effectivement, nous ne faisons qu’un avec les autres et avec les choses. Mais c’est là le problème, que le moindre geste faux, la moindre once d’artificialité surviennent, et le fossé refait surface. À nouveau, on ne fait plus que regarder des gens sur l’écran et le sentiment d’identité commune s’envole. Il n’est plus possible. La magie du film Nanouk, l’Esquimau réside selon moi, dans le fait qu’ils sont eux-mêmes et qu’ils ne jouent pas la comédie. Ils sont. »

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